Pourquoi le bikini d’une maman à la plage fait-il tant débat ? Une vague d’indignation remet en cause les standards du corps parfait
Pourquoi le bikini d’une maman à la plage fait-il tant débat, alors qu’on devrait simplement profiter du soleil (et éviter de cramer comme une merguez) ? Parce qu’entre le stress du maillot et la mythique injonction du corps parfait, les mamans (et toutes les femmes) se retrouvent prises dans une vague… pas très cool. Petite plongée dans la grande machine à culpabiliser et à se réconcilier avec soi-même.
Quand le simple fait de mettre un maillot devient épreuve olympique
- Imaginez la scène : vacances, deux enfants dont un bébé à gérer, et déjà une pression qui monte avant même d’avoir mis le pied sur le sable. Pour certaines, l’idée même de dévoiler leur corps à la plage relève du défi sportif. Trop de bouleversements dans la vie d’une femme, avouons-le, pour en plus se rajouter le fardeau du regard sur le corps. C’est franchement chaud patate, non ?
Portrait-robot fantasmé : la fameuse naïade de magazine
- Autour, que voit-on ? Les fameuses naïades de 20 ans, ventre plat, peau lisse, seins perchés. Oui, elles sont jolies, c’est vrai. Mais soyons honnêtes : sur toute la plage, on peut les compter sur les doigts d’une main. Elles correspondent pile-poil aux normes imposées par les magazines, cette minorité présentée partout comme la norme absolue.
- Et pourtant, si les publicités du monde entier nous montraient chaque jour un corps idéal plein de cellulite, on finirait par trouver ça canon. On est sacrément influençable, qu’on se le dise.
- La vérité, c’est que la plupart d’entre nous ressemble à… la moyenne de la population. Parce que la norme, en fait, elle n’existe pas. Et même à 20 ans, bien des jeunes femmes ne collent déjà plus au fameux « modèle parfait ». Mais la société continue de tourner autour de ces 4 modèles d’exception comme si la terre s’arrêtait pour leurs abdos…
Le corps qui a créé la vie : véritable exploit, pas défaut à camoufler
- Ouvrons les yeux : le corps d’une maman, c’est le miracle ultime. Fabriquer un être humain, ça vous pose là, et aucun magazine ne devrait avoir le pouvoir de gâcher cette magie. Gardez la tête haute : vous êtes la magicienne qui a su faire ça, alors bien malin qui trouvera à y redire.
- Et si on arborait nos ventres mous comme de vrais trophées ? Après tout, les soldats étaient fiers de leurs cicatrices. Soyons fières aussi de ce que notre corps a accompli !
Faire péter la norme, c’est aussi pour les enfants (et leur donner le bon exemple)
- Il y aurait une (grande) raison de remiser à jamais les régimes magiques et autres shakes douteux : nos filles. Car si l’on passe sa vie à cacher notre corps, comment espérer qu’eux, plus tard, l’aiment et le respectent ? Comment croire que nos fils ne tomberont pas eux aussi dans le piège de la norme filiforme, ou que nos filles accepteront de vivre hors du moule ?
- Attention Simone, ne te trompe pas de combat. Il ne s’agit pas ici de demander l’apologie de l’obésité morbide, ni de pointer du doigt qui que ce soit. Simplement : il existe plein de femmes rondes en pleine forme, sportives, souples, fermes et tout à fait éclatantes. C’est valable pour tout le monde. (Et pour les femmes très fines, qui doivent se coltiner des remarques déplacées sur leur silhouette, ce sera pour un autre article, promis.)
Et si on arrêtait de creuser sa tombe à coups de régimes ?
- La meilleure punchline sur le sujet nous vient de Taryn Brumfitt : « Quelqu’un m’a demandé ce que je pensais des régimes (Diet en anglais). Je ne pense pas qu’on devrais faire confiance à un mot de 4 lettres dont les 3 premières signifient “mourir”. Si ce n’est pas un signe, je ne sais pas ce que c’est ».
- Alors voilà une proposition simple pour toutes celles qui ne se reconnaissent pas dans la « fausse norme » : au moment de laisser tomber le short cet après-midi, rappelez-vous que votre corps est votre allié pour (espérons-le) une petite centaine d’années. En fin de compte, ce qui pèsera, ce sera les soins donnés, pas la taille de votre bikini. La hauteur de vos seins, la quantité de cellulite, la largeur du bassin : à la fin, qui s’en souviendra vraiment ?
Ce que l’on retiendra : la vraie différence, ce qu’on laisse derrière soi, c’est l’exemple. Se souvenir des femmes de la famille, de leur joie de vivre, de leurs rires, des verres partagés sur les terrasses. Finalement, la seule norme qui compte, c’est d’avoir vécu et transmis cette joie, sans s’arrêter à la taille du maillot ou à la souplesse du ventre.



