Qui n’a jamais lancé le débat lors d’un dîner entre amis sur le chien le plus intelligent ? Grâce à la science, il ne s’agit plus d’un simple sujet à rallonge pour animer les soirées : le verdict vient de tomber, chiffres et expériences à l’appui. Entre champion des tests et élèves un peu à la traîne, préparez-vous à un classement qui bouscule bien des idées reçues !

Entre flair et réflexion : comment la science a jugé nos compagnons à quatre pattes

Des chercheurs, portés par la passion canine (et probablement quelques traces de bave sur leurs cahiers), se sont lancés dans une véritable enquête : quelle race de chien peut briguer le titre tant convoité de « Einstein sur pattes » ? Pour y répondre, des chiens issus de diverses races ont été soumis à une batterie de tests cognitifs et comportementaux. Au menu :

  • Capacité à interpréter les gestes des humains, histoire de savoir qui, entre Médor et son maître, comprend l’autre le mieux.
  • Défi spatial : réussir à contourner une clôture transparente en forme de V pour récupérer une friandise bien visible. Ce test ne récompense pas que les gloutons, il valorise aussi les stratèges !
  • Observation de leur indépendance et de leur patience : à quelle vitesse nos amis demandent-ils de l’aide à un humain si la mission (impossible) d’atteindre une gourmandise scellée se corse ?

Saara Junttila, co-auteure de l’étude et doctorante en cognition canine à l’Université d’Helsinki, rapporte d’ailleurs que « la plupart des races avaient leurs propres forces et faiblesses ». Le Labrador retriever, par exemple, se distingue pour déchiffrer les signaux humains mais brille un peu moins dans la résolution de casse-têtes spatiaux. D’autres, comme le chien de berger Shetland, affichent une belle régularité sur l’ensemble des tests. Bref, pas de génie universel, juste des talents à découvrir…

Le podium (et les absents): 35 points (sur 39) pour le malinois

Place à la révélation ! Après tous ces efforts, qui termine sur la plus haute marche ? Sans grande surprise pour certains, c’est le malinois qui écrase la concurrence avec un score impressionnant de 35 points sur 39 possibles. Ce champion des rings et des forces de l’ordre prouve définitivement qu’il n’est pas qu’un athlète endurant, mais aussi une tête bien faite.

À ses côtés sur le podium :

  • Border collie : deuxième place avec 26 points. Voilà qui confirme sa réputation « d’intello » des pâturages.
  • Hovawart : médaillé de bronze avec 25 points. Moins connu, mais clairement performant !

L’autre classement choc : le lévrier afghan champion de la lenteur à l’école

On pensait qu’il n’y avait pas de mauvais élèves, juste des incompris… Mais là, le professeur Stanley Coren, expert autoproclamé en intelligence canine (et visiblement persévérant), a voulu vérifier la chose à l’échelle massive dans son livre « L’intelligence des chiens ».

Pour établir son classement, il n’a pas hésité à interroger plus de 200 juges d’obéissance canine aux États-Unis et au Canada et à éplucher pas moins de 130 races ! Résultat : le lévrier afghan décroche, à défaut de la première place, le titre de chien le plus difficile à former. Il lui faudrait plus de 80 répétitions de la part d’un entraîneur pour anesthésier une nouvelle commande dans sa mémoire. Quant à l’obéissance spontanée, elle demeure timide : le lévrier afghan n’obéit lors du premier ordre que dans moins de 25 % des cas.

En conclusion : génie ou cancre, chaque chien a son style !

La science a parlé, mais elle l’a fait avec nuance. Comme le rappelle Saara Junttila, chaque race de chien dispose de ses propres atouts et faiblesses. Certains brillent dans l’interprétation des gestes humains, d’autres préfèrent les énigmes spatiales ou excellent dans la persévérance.

Alors, que vous viviez avec un malinois surdoué ou un lévrier afghan « philosophe » (qui préfère méditer 80 fois sa réponse avant d’obéir), l’essentiel reste ailleurs. Attachant, protecteur, fidèle ou faussement distrait, chaque chien sait rendre la vie plus douce… à sa manière. À bon entendeur, salut les cynophiles !