4500 ans avant le cheval : ce mystérieux animal hybride découvert en Syrie intrigue les chercheurs
Imaginez un monde sans chevaux pour tirer les chars et faire trembler la poussière des champs de bataille… Non, ce n’est pas une dystopie sortie d’un mauvais film, mais plutôt la réalité de la Syrie, il y a 4500 ans. Et à cette époque, les ancêtres ne manquaient décidément ni d’imagination ni d’audace puisqu’ils ont même créé un animal hybride inédit pour répondre à leurs envies de vitesse et de puissance : le kunga. Accrochez-vous à vos selles (de kangourous hybrides ?) pour découvrir ce mystérieux animal qui intrigue encore les chercheurs d’aujourd’hui !
Une découverte archéologique pas banale
- Site : Umm-El-Marra, Syrie.
- Date : il y a environ 4500 ans.
- Spécificité : le plus ancien animal hybride crée par l’être humain, fruit pas défendu du croisement entre un âne domestique et un âne sauvage.
Au cœur du nord de la Syrie, des archéologues ont mis la main – façon de parler, inutile de paniquer – sur des ossements pas franchement ordinaires. C’est grâce à l’analyse ADN réalisée sur ces vestiges que les scientifiques ont pu lever le voile sur ce drôle de secret. Et c’est le journal Science Advances qui a rendu publique cette découverte passionnante.
Avant même que le mot « biotechnologie » ne fasse couler des litres d’encre, les éleveurs de l’ancienne Mésopotamie expérimentaient déjà ce qu’on pourrait appeler de la « bio-ingénierie précoce » – l’expression est d’Eva-Maria Geigl, spécialiste des génomes anciens à l’Université de Paris et coautrice de l’étude. De quoi redonner tout son panache à notre vision des temps anciens. Qui a dit que nos ancêtres manquaient d’audace ?
Le kunga : la force de l’âne sauvage, la docilité en option ?
Si l’on en croit Fiona Marshall, archéologue à l’Université de Washington, les éleveurs de l’époque n’étaient pas là pour élever de gentils baudets. Non, non ! Ils voulaient les qualités d’un animal sauvage – allez savoir pourquoi… la force, la vitesse, peut-être même la taille. Bref, du tonus sous le sabot et des muscles pour tirer de lourds chariots à quatre roues lors des combats. Et le kunga, ce drôle de mélange entre l’âne domestique docile et l’âne sauvage de Syrie, avait tout pour plaire à ceux qui recherchaient la bête de somme idéale pour les batailles. On imagine la réunion d’élevage de l’époque : “Vous avez pensé à croiser le gris avec le sauvage du coin ? J’ai entendu dire que le résultat galopait vite… enfin, court vite !”
Kunga : symbole de prestige dans l’Antiquité
Ce n’est pas qu’une histoire de muscles et de charrettes ! Les kungas, selon Eva-Maria Geigl, étaient des animaux rares, donc chers, et symboles de statut social. Les familles puissantes de la région les utilisaient comme signes distinctifs lors de cérémonies militaires, ou pour accompagner la guerre avec panache. De véritables « voitures de luxe » à sabots, bien avant que le cheval ne fasse son apparition en Mésopotamie (spoiler : il n’arrivera qu’un demi-millénaire plus tard). Les kungas, c’était un peu le carrosse hors de prix sur quatre pattes !
Un mystère vieux comme l’argile enfin résolu
Pendant longtemps, les représentations d’équidés sur des tablettes ou dans les arts de l’Antiquité avaient de quoi laisser perplexe les chercheurs. Pourquoi ces images de puissants animaux de trait, alors que le cheval n’était pas encore arrivé en Mésopotamie ? Grâce à l’analyse des ossements d’Umm el-Marra, le mystère tombe : les anciens représentaient bel et bien ce fameux hybride, le kunga, qui tirait les chars et faisait la fierté des guerriers orientaux. Quand le cheval a débarqué dans la plaine, vers 4000 ans avant notre ère, il a remplacé ces animaux hybrides et permis la création d’autres croisements (mais ça, c’est déjà une autre histoire).
En somme, les kungas nous rappellent que la créativité et l’esprit d’innovation n’ont pas attendu l’ère moderne. Alors la prochaine fois que vous serez coincé derrière un tracteur, pensez qu’il n’y a pas si longtemps, on inventait des monstres de puissance sur quatre sabots… et c’était déjà révolutionnaire !



