À l’heure où trouver l’amour peut ressembler à un parcours du combattant numérique, une stratégie troubles-fêtes refait surface avec insistance : le cookie-jarring. Oubliez les douceurs sucrées, ici, aucun biscuit n’est offert à la dégustation… mais certains cœurs en ressortent amers. Décryptons ensemble cet étrange jeu de pistes qui sème le doute dans nos vies sentimentales.

Qu’est-ce que le cookie-jarring ? Définition et origines d’une tactique piquante

  • Un nom venu tout droit d’outre-Manche : « cookie jar », littéralement, le fameux « bocal à biscuits ».
  • Dans la version sentimentale, la gourmandise laisse place à un besoin rassurant : conserver quelqu’un « au cas où ».
  • Concrètement, on entretient une relation principale… tout en gardant une ou plusieurs autres options sous le coude, prêtes à être piochées quand le plan A capote.

Résultat ? La personne rangée dans le cookie jar l’ignore bien souvent et devient la friandise de secours. Une roue de secours émotionnelle, un peu comme glisser une bouteille d’eau dans la boîte à gants avant de s’aventurer dans le désert. Pratique, diront certains. Surtout anxiogène, pour qui se retrouve relégué dans l’ombre.

Un phénomène contemporain qui explose sur les réseaux

Le cookie-jarring ne date pas d’hier, mais en 2025, il revient bruyamment sur le devant de la scène. Les réseaux sociaux sont envahis de témoignages, notamment de jeunes femmes qui découvrent soudain avoir été gardées « au chaud » pendant que leur interlocuteur bâtissait une autre histoire ailleurs. C’est l’époque des nouveaux codes ; l’amour se digitalise et il faut suivre le rythme… quitte à y laisser des plumes.

Certains balayeraient d’un revers de main cette méthode en la qualifiant simplement de « garder ses options ouvertes ». Mais plusieurs spécialistes tirent la sonnette d’alarme : la casse émotionnelle est bien réelle. La coach en psychologie positive Arrezo Azim, très suivie sur TikTok, n’y va pas par quatre chemins : « Soyons honnêtes : si vous gardez quelqu’un en réserve, c’est parce que vous cherchez une validation externe. Ce n’est pas juste pour l’autre, et ça finit souvent par se retourner contre vous. » Ambiance électrique.

Cookie-jarring, insécurité et illusion d’horizons infinis

Derrière le cookie-jarring, se cache une grande insécurité : la peur panique de la solitude pousse nombre d’entre nous à accumuler les « presque-relations » plutôt que de risquer un véritable attachement. À l’ère où les applications de rencontres font miroiter des possibilités (presque) sans fin, collectionner les plans B semble parfois plus rassurant que miser sur une authenticité qui pourrait nous coûter.

  • Impossible en revanche de confondre cookie-jarring avec polyamour ou relation ouverte : ici, aucun accord, zéro transparence.
  • Juste une stratégie cachée, laissée telle une traînée de poudre… ou plutôt un parfum de trahison.

La pilule est d’autant plus difficile à avaler que, pour certains, la prise de conscience est brutale : « Je n’ai pas été ghostée. C’est pire : il répondait, m’appelait ‘ma belle’, mais je n’étais pas vraiment dans sa vie. Juste dans son tiroir. » Voilà ce qu’on appelle un sacré effet miroir brisé.

Comment déjouer le piège et retrouver la clarté ?

Mais que faire si le malaise s’installe, que le doute s’invite dans la relation ? Les thérapeutes martèlent l’importance de la clarté émotionnelle :

  • Dès qu’un doute, un inconfort ou une zone floue s’installe, il est temps de poser des questions.
  • Exiger de la transparence n’est pas un crime – c’est même sain !
  • Et si malgré tout le respect n’est pas au rendez-vous, il est parfaitement légitime de reprendre sa liberté.

Le cookie-jarring n’a rien d’une simple mode : il met à nu une angoisse profonde liée à l’attachement, et un malaise croissant à s’engager pleinement. Mais face à ces pratiques stratégiques, rien ne vaut la clarté, l’écoute et l’honnêteté. Après tout, même à l’ère du numérique, l’humain ne se télécharge pas. Pourquoi ne pas injecter un peu de simplicité et de réciprocité dans nos liens ? Un amour qui se respecte, ça ne se met pas en bocal.

Mathias Gerdy, passé par la presse féminine, a fondé le site Gayvox pour partager ses réflexions et engagements, notamment pour la cause LGBT.