En 2021, le rugby à XV a inauguré l’utilisation de la technologie de suivi oculaire pour aider à la détection des commotions cérébrales en match. La technologie a été utilisée dans des rencontres en supplément du protocole commotion (HIA) et dans le cadre également des étapes de retour au jeu mis en place.

Toutefois, comment la technologie de suivi oculaire fonctionne-t-elle et pourquoi les avancées technologiques comme celle-ci sont-elles si importantes dans le rugby moderne ?

Comment fonctionne la technologie de suivi oculaire

Des études scientifiques ont montré que le mouvement oculaire, ou fonction oculomotrice, est altéré lors d’une commotion cérébrale ou dans les instants qui suivent celle-ci. Par conséquent, la technologie actuelle vise à déceler tout changement au niveau de cette fonction.

À l’époque, World Rugby a annoncé que le fait de tester une telle technologie illustrait son engagement sans faille à intégrer et à évaluer les dernières avancées scientifiques et technologiques dans le rugby. Pour le test, elle s’est associée à deux spécialistes mondiaux de la technologie de suivi oculaire, EyeGuide et NeuroFlex®.

Comment la technologie est-elle utilisée ?

Pendant la phase de test, la technologie a été utilisée parallèlement au protocole commotion (HIA). Elle a également été utilisée dans le cadre du protocole en six étapes de retour au jeu afin de surveiller les joueurs revenant de blessure.

Selon des informations de sites spécialisés en rugby, la technologie a été utilisée pour la première fois lors de la compétition du Super Rugby Trans Tasman en 2021. À l’époque, elle enregistrait le mouvement horizontal et vertical des yeux, ainsi que le mouvement de la tête, et établissait ainsi un rapport afin de détecter tout changement susceptible de signaler la présence d’une commotion cérébrale.

À l’époque, Dr Éanna Falvey, médecin-chef de World Rugby, avait déclaré : « Nous pensons que le suivi oculaire dans le rugby a la possibilité de mieux évaluer les commotions cérébrales et d’aider à mieux les gérer en identifiant de manière objective les éventuelles anomalies des fonctions oculomotrices entre le terrain et le moment où le joueur est pris en charge pour un protocole commotion, ce qui apporte un atout supplémentaire dans les méthodes d’identification disponibles pour le sport. »

Pourquoi cette technologie est-elle si importante ?

Les technologies aidant à détecter les blessures à la tête et les commotions cérébrales sont vitales. Le traitement des blessures à la tête dans le rugby est en effet surveillé à la loupe. Il faut dire que World Rugby, la Rugby Football Union et la Welsh Rugby Union ont toutes trois été poursuivies en justice par d’anciens joueurs présentant des symptômes de démence précoce ces dernières années.

Il convient de noter que la technologie de suivi oculaire n’est pas la seule forme de technologie ayant été utilisée dans le sport afin d’aider à l’identification de symptômes de commotion cérébrale. Par exemple, des joueurs commencent désormais également à porter des protège-dents dits « intelligents » au niveau international, qui sont en mesure d’informer un médecin lorsqu’ils ont reçu un choc important et qu’ils doivent être examinés pour toute éventuelle blessure à la tête.